Suzanne Valadon, artiste-peintre, féministe et avant-gardiste

Suzanne Valadon, pseudonyme de Marie-Clémentine Valadon, née le à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) et morte le à Paris, est une artiste peintre française.

Fille d’une blanchisseuse, Suzanne Valadon devient acrobate de cirque en 1880, jusqu’à ce qu’une chute mette fin prématurément à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle habite avec sa mère, puis avec son fils, le futur peintre Maurice Utrillo né 1883, elle s’initie à l’art.

Suzanne Valadon s’était peu peu affranchie des codes et des règles de l’impressionnisme pour une peinture libre de contraintes avec des toiles colorées mais dont l’influence sur son fils Maurice Utrillo furent indéniables.

Dans le quartier de Montmartre où elle vit avec sa mère, elle se fait remarquer par sa beauté jusqu’ à attirer le regard des artistes qui lui demandent de devenir leur modèle. C’est ainsi qu’elle pose pour Degas, Toulouse Lautrec, Renoir ou encore Pierre Puvis de Chavannes.


La Natte (portrait de Suzanne
Valadon à 16ans).
Peinture, 1884, de Auguste Renoir
(1841-1919).
Huile sur toile, H. 0,57 , L. 0,47.
Baden (Suisse), Musee Langmatt.

Cela lui donne l’envie elle-même de dessiner et de peindre, mais les artistes qu’elle côtoie et pour lesquels elle pose la découragent.

Seul Edgar Degas, qui remarque les lignes vives de ses dessins l’encourage et la conseille. Suzanne Valadon aime  aussi peindre des natures mortes et des paysages marqués par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes.
Ses premières expositions des années 1890 comportaient principalement des portraits, parmi lesquels un saisissant Erik Satie avec qui elle eut une relation en 1893.

Portrait d’Eric Satie

En 1894, Suzanne Valadon fut la première femme a être admise à  la Société Nationale des Beaux-Arts.

A la recherche permanente de la perfection, elle travaillait parfois plusieurs années sur un tableau avant de le présenter une exposition .

La ressemblance entre certains de ses tableaux et ceux de Degas est certaine surtout dans la manière de dessiner et de colorer les nus, par exemple comme dans “Nu se coiffant “de 1916.

nu se coiffant (1916)

Elle connaît alors un certain succès et réussit à gagner suffisamment d’argent avec la vente de ses tableaux pour se mettre à  l’abri des difficultés financières.   Elle peut pourvoir ainsi aux besoins de son fils, Maurice né en 1885, qui prendra plus tard le nom de famille de son père : Utrillo.

Suzanne Valadon s’émancipera des sujets préférés des peintres hommes, et brisera ainsi les conventions auxquelles les femmes étaient assignées, par exemple avec la réalisation de nus ou de portraits. Par ses œuvres colorées et énergiques, elle aura eu une influence profonde et définitive sur son fils qui le conduira  à s’affranchir par des sujets totalement différents, mais révélateurs de son esprit d’indépendance.

Bouquet de fleurs (1930)

Autoportrait

Lancement de filets (1914)

Les chats – rue Cortot

La chambre bleue – huile sur toile datée de 1923 à voir au musée de l’Évêché à Limoges.

Elle aura par ailleurs mis en évidence la transition s’opposant alors entre l’Impressionnisme et l’École de Paris avec l’évolution concrète de son style, de manière très progressive et vers une nouvelle expression picturale en mutation lente partir de l’impressionnisme ,  tandis que la transition se fera de manière plus brutale chez Maurice Utrillo avec une indéniable rupture avec le passé.

À la fin de sa vie, Suzanne Valadon se lie d’amitié avec le peintre Gazi le Tatar (Gazi-Igna Ghirei dit, 1900-1973) et, poussée par cette rencontre, se remet à peindre.

Suzanne Valadon est morte le 7 avril 1938, entourée de ses amis peintres André Derain, Pablo Picasso et Georges Braque ; elle est enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen.

Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées, dont le Musée national d’art moderne à Paris, le Metropolitan Museum of Art à New York, le Musée de Grenoble, le Musée des beaux-arts de Lyon. Une exposition permanente lui est dédiée à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), sa ville natale.

Collections publiques

Principales expositions individuelles

Bibliographie

Suzanne Valadon en 1919

Sources et illustrations :
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