Auguste Renoir

Pierre-Auguste Renoir dit Auguste Renoir, né à Limoges (Haute-Vienne) le et mort au domaine des Collettes à Cagnes-sur-Mer le , est l’un des plus célèbres peintres français.

Membre à part entière du groupe impressionniste, il évolue dans les années 1880 vers un style plus réaliste sous l’influence de Raphaël. Il a été peintre de nus, de portraits, paysages, marines, natures mortes et scènes de genre. Il a aussi été pastelliste, graveur, lithographe, sculpteur et dessinateur.

Peintre figuratif plus intéressé par la peinture de portraits et de nus féminins que par celle des paysages, il a élaboré une façon de peindre originale, qui transcende ses premières influences (Fragonard, Courbet, Monet, puis la fresque italienne).

Pendant environ soixante ans, le peintre estime avoir réalisé à peu près quatre mille tableaux.

Biographie

C’est en 1855 que le père de Renoir, un modeste tailleur de pierres de Limoges établi à Paris depuis 1845, met son fils Auguste âgé de 14 ans en apprentissage dans une fabrique de porcelaine, rue du Temple, où l’adolescent est initié à la peinture sur porcelaine.

L’introduction d’une machine mettra fin à cette expérience et plusieurs autres suivront, dont la peinture de tentures d’Eglise pour des missionnaires d’outre-mer.

Huit ans plus tard Renoir disposait d’assez d’argent pour entrer, en avril 1862, à l’École des Beaux-Arts. Parallèlement aux cours de l’Ecole, il fréquente aussi l’Atelier privé de Charles Gleyre où il se liera d’amitié avec ses condisciples Alfred Sisley, Frédéric Bazille et Claude Monet.

1958 

Entretien avec le réalisateur Jean Renoir pour parler de son père, le peintre Auguste Renoir. Il raconte que pour lui, tout était peignable, qu’il aimait le gris de Paris et qu’il peignait encore le dernier jour de sa vie le 3 décembre 1919 à l’âge de 78 ans.

Dans ce huitième entretien enregistré en 1958, Jean Renoir continue de faire revivre la mémoire de son père, Auguste Renoir.

Mon père, en réalité, était un révolutionnaire classique. D’ailleurs dans toutes ses idées, il présentait une espèce d’étrange mélange d’anarchie et de conservatisme qui troublait beaucoup les gens… en tout.

Auguste Renoir avait l’habitude, raconte son fils, de faire poser sa famille et ses amis pour ses tableaux. Il recherchait avant tout pour son modèle, « le naturel » et à « ce qu’il reste lui-même« .

Dans l’esprit de mon père, tout ce qui était peignable, devait poser. On avait l’impression que son œil fouillait la nature autour de lui, fouillait les êtres humains, les arbres… et découvrait immédiatement tout ce qui était peignable.  D’ailleurs, il ne comprenait pas que l’on se déplaça pour peindre, lorsque quelqu’un lui disait : « Moi, pour peindre j’aimerais beaucoup aller dans les Indes, ou bien j’ai besoin d’aller dans le Midi. » Mon père ne comprenait pas et il disait : « Moi, vous savez, un pommier dans la cour de ma maison, ça me suffit très bien. Et s’il n’y a pas de pommier, et bien trois pommes sur un plat me suffisent. Évidemment, si en plus de cela j’ai des êtres humains, c’est encore plus passionnant que des pommes. »

Jean Renoir raconte par la suite le départ de la famille dans le Midi en raison des problèmes de santé de son père mais aussi pour répondre peut-être à un besoin de changement de sujets à peindre, comme si Renoir avait atteint un seuil dans son « développement artistique » et pouvait enfin « embrasser le monde » : « On avait l’impression quand on enlevait les vitres, que l’herbe poussait dans l’atelier.« 

Mon père avait grandi dans le climat parisien et il considérait qu’il devait tout à l’atmosphère parisienne, au ciel de Paris, aux couleurs de Paris, au gris de Paris. Il tenait beaucoup au gris de Paris, il y croyait énormément.

Il évoque alors avec tristesse la fin de vie de son père, déformé par une polyarthrite, même si jusqu’à la fin,  Auguste Renoir a peint : « Mon père a peint jusqu’à la fin de sa vie, mon père peignait le jour où il est mort.« 

Mon père a gardé jusqu’au jour de sa mort, une main d’une sûreté incroyable. Son corps était entièrement déformé, c’était vraiment très impressionnant de le voir. […] Il avait l’air absolument détaché de tout lien matériel, il n’avait plus que la peau et les os. […] mais il avait conservé des bras d’une sûreté absolue. Il pouvait prendre son pinceau, prendre une petite touche de blanc pour marquer un petit point dans l’œil du personnage, et le petit point blanc arrivait, toc, exactement comme si une flèche l’avait lancé.

Montmartre

Je sais que mon père (…) se laissa entièrement absorber par le village de Montmartre, qui n’était pas encore tombé dans le pittoresque. Ces quelques mots, écrits par son fils Jean, résument assez bien la relation qu’entretint Auguste Renoir avec ce quartier.

L’histoire commence en 1876, lorsqu’Auguste Renoir loue un modeste atelier au 12 rue Cortot (actuel Musée de Montmartre) pour peindre Le Bal du Moulin de la Galette, car quand un motif le passionnait, il aimait vivre le nez dessus. La maison de la rue Cortot était délabrée, ce qui ne gênait nullement Renoir, mais par contre elle offrait l’avantage d’un grand jardin qui s’étendait derrière, dominant une vue magnifique sur la plaine Saint-Denis.  Dans cette oasis, il peignit de nombreux tableaux, car il ne travaillait jamais à un seul objet. Ce n’est évidemment pas un hasard si les jardins du Musée de Montmartre portent aujourd’hui le nom de Jardins Renoir.

Le jardin de la rue Cortot

Le matin, aidé de quelque compagnon fidèle, Renoir transportait la grande toile et peignait. Pour recruter ses modèles, il sympathise avec les mamans et distribue, entre autre, des chapeaux, qui seront sa caution. Bien vite, les Montmartrois adoptèrent ce personnage « vif comme du vif-argent suivant l’expression d’un de ses modèles.

Bal du moulin de la Galette
 
Sources et illustrations

Montmartre-addict.com