Auguste Rodin ; “En somme, les plus purs chefs-d’œuvre sont ceux où l’on ne trouve plus aucun déchet inexpressif de formes, de lignes et de couleurs, mais où tout, absolument tout se résout en pensée et en âme.”

Auguste Rodin naît à Paris le 12 novembre 1840. Il est l’un des plus célèbres sculpteurs du XIXe siècle. Il entre à l’École Spéciale de Dessin et de Mathématiques en 1854 et suit les cours d’Horace Lecoq de Boisbaudran. Il s’intéresse à la sculpture mais échoue au concours d’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts en 1857. Il doit travailler pour vivre et est employé dans des ateliers de sculpture. En 1862, il entre au noviciat de la congrégation du Très-Saint-Sacrement. A partir de 1865, il collabore avec les sculpteurs Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Antoine-Joseph Van Rasbourgh.

Auguste Rodin était un créateur hors pair, un travailleur acharné. Après ses débuts à la «Petite École», il travaille dans l’atelier de l’ornemaniste Albert-Ernest Carrier-Belleuse, à Paris puis à Bruxelles, où il fait preuve d’une grande habilité pour les sujets décoratifs, d’esprit XVIIIe. La découverte de Michel-Ange, lors d’un voyage en Italie en 1875-1876, est déterminante pour la suite de son travail. À son tour, il opère une rupture dans l’histoire de la sculpture, en ouvrant la voie à l’art du XXe siècle, par l’introduction dans son œuvre de procédés techniques et de partis pris plastiques qui se trouvent au centre de son esthétique.

Si sa renommée est maintenant internationale, ses contemporains ont durement jugé son travail.Alors que ses sculptures sont exposées partout pour le centenaire de sa mort, retour sur cinq œuvres emblématiques du sculpteur, de “L’Âge d’airain” aux “Bourgeois de Calais“.

Cent un ans après sa mort, Rodin ne fait plus débat car sa renommée est internationale et il est reconnu comme un des grands artistes du XXe siècle. Pourtant son style a longtemps fait scandale. De “L’Âge d’Airain” à son “Balzac“, en passant par “Les Bourgeois de Calais“, toutes ses œuvres ont divisé la critique d’art, tant par le style que la méthode. La sculpture est trop crédible ? C’est un moulage. Les traits sont trop stylisés ? C’est grossier. Rodin fait appel à des sculpteurs-praticiens pour la taille du marbre ? Il n’est pas un vrai sculpteur. Son sens inné du mouvement, son génie de l’expression, de la nature humaine, ne feront jamais taire les critiques tant son style, s’il est classique, n’a rien d’académique. L’artiste ne rencontre d’ailleurs le succès que tardivement. Jeune, il échoue par trois fois au concours d’entrée de l’école des Beaux-arts : il réussit l’épreuve de dessin mais est recalé à celle de sculpture, son style étant, déjà, peu conforme au néo-classicisme de l’époque. Rodin réalise que la sculpture, la statue, jusqu’ici liée à l’architecture, s’autonomise. Il est l’un des premiers à la dissocier du mur qu’elle habille.

Auguste Rodin, même s’il tarde à être reconnu, s’impose pourtant comme novateur dans son époque. Ce sera l’exposition universelle de 1900 à Paris qui lancera sa carrière internationale. Son rapport au dessin et son rapport à la sculpture diffèrent. Toutefois un lien les rapproche indiscutablement ; l’utilisation exacerbée des sens, la vue pour le dessin, le toucher pour la sculpture.

Le Penseur” sur “La Porte de l’enfer“, au musée Rodin.

L’Âge d’Airain, au musée Rodin.

C’est avec “L’Âge d’Airain” que Rodin accède à la reconnaissance de ses pairs. Elle a bien failli, pourtant, lui valoir d’être mis au ban. En 1875, après un séjour en Italie où il a redécouvert les grands maîtres de la Renaissance, Rodin se lance dans la sculpture qui doit lui apporter la célébrité. Après 18 mois de travail, il achève sa première grande réalisation : “L’Âge d’Airain”, qui représente en grandeur nature le plâtre d’un jeune modèle, un soldat belge nommé Auguste Ney. Pour Rodin, il importe de regarder les profils de dessus et du dessous, d’en haut et d’en bas, afin “de se rendre compte de l’épaisseur du corps humain“. Source : France culture (Rodin, l’art du mouvement en cinq sculptures)

Pour une biographie complète de cet artiste je conseille le site du musée Rodin qui offre une biographie divisée en 4 parties retraçant différentes périodes de la vie du sculpteur allant de sa jeunesse à ses dernières années de vie. Tout est résumé de façon très accessible par ses chapitres chronologiques la vie du peintre et ses principales œuvres.

Pour Rainer-Maria Rilke qui fut secrétaire de Rodin en 1905, le point culminant de son travail de dessinateur réside dans ses dessins érotiques. Là, tout le talent de Rodin se révèle. Rodin se libère du trait, de la forme, de la couleur.

Philippe Sollers, Rodin, dessins érotiques, avec Alain Kirili, Gallimard, 1987

illustrations des Fleurs du mal par Rodin

Dans un article paru sur le site Nord Eclair le dimanche 20 mars 2011, la journaliste Justine Faiderbe souligne que Rodin a également illustré Les Fleurs du Mal de Baudelaire, qui ont inspiré son travail dans un premier temps. À 47 ans (en 1887), Rodin illustre Les Fleurs du Mal. Ces illustrations lui ont valu l’attribution de la Légion d’Honneur en 1887, récompense ultime pour son travail de dessinateur, reconnaissance indéniable de l’Etat français.

Révolutionnaire dans sa manière de dessiner, certes, mais aussi dans sa manière de sculpter. Là encore, il ne respecte pas les normes académiques néo-classiques, selon l’article publié le 5 mai 2010 accompagnant un reportage télévisé sur l’exposition « Rodin et la couleur » du Musée de l’Annonciade sur le site Culture Box de France Télévisions. Source : https://lescouplesderodin.wordpress.com/tag/sculpture/

Camille Claudel et Auguste Rodin

La passion Camille Claudel

En 1882, Camille Claudel devient l’élève d’Auguste Rodin. Elle n’est alors âgée que de 19 ans alors que lui en a 43. Rodin est impressionné par son talent et l’engage dans son atelier. Camille Claudel deviendra sa collaboratrice, sa maîtresse et sa muse. Après des années de passion agitée, Rodin décide finalement de rompre avec elle en 1898.

Auguste Rodin, “Masque de Camille Claudel et main gauche de Pierre de Wissant”, vers 1895. © Musée Rodin (C.Baraja)

À 76 ans (en 1916), Rodin tombe gravement malade. Il effectue trois donations de ses collections à l’Etat français dans le but de créer un musée Rodin. Il meurt le 17 novembre 1917. Rodin est enterré le 24 novembre à Meudon, aux côtés de Rose. Un grand Penseur est placé sur leur tombe. En cette période tourmentée par la guerre, le gouvernement exclut la possibilité de funérailles nationales.

De l’art dans le jardin de la fondation Gianadda (valais suisse)

La méditation : Dès le premier regard, la ligne serpentine du modèle évoque l’héritage des corps musclés et contorsionnés de Michel-Ange. L’identité réelle de la Méditation, elle, demeure énigmatique. Elle représenterait une muse inspiratrice du poète.

Je croyais tout connaitre de ce grand sculpteur, mais à travers mes recherches personnelles, j’ai redécouvert ce Michel-Ange des temps temps modernes. Les sites que j’ai visités pour ma documentation sont souvent très complets et offrent une grande diversité d’images pour le regard. Le but de cette page reste pour le plaisir de ces redécouvertes.

Ses œuvres célèbres

L’Âge d’airain (1877)
La Porte de l’Enfer (1880-1917)
Le Penseur (1880)
Le Baiser (1882)
Les Bourgeois de Calais (1884-1889)
Monument à Balzac (1891-1897)
L’Homme qui marche (vers 1900)

Ses amis

Eugène Carrière : Une profonde amitié le lie à Rodin.
Alphonse Daudet : Ami de Rodin depuis la fin des années 1880, il l’introduit auprès de ses amis écrivains.
Gustave Geoffroy : journaliste, critique d’art et historien français. Soutien de Rodin, il est l’un des premiers à reconnaître son talent.
Victor Hugo : Rodin admire l’œuvre de Victor Hugo. Il le rencontre alors que ce dernier est âgé de 80 ans et se rend chez lui pour réaliser son buste.
Claude Monet : Il expose avec Rodin à la galerie Georges Petit, à Paris. En 1894, Monet invite Rodin chez lui à Giverny.
Rainer Maria Rilke : Il rencontre Rodin tardivement mais les deux hommes partagent une passion commune pour l’Italie et Michel-Ange. C’est grâce à lui que Rodin découvre l’Hôtel Biron
 
A noter en date de sortie le 24 mai 2017, du film “Rodin“, de Jacques Doillon, mariage largement réussi entre l’image et le verbe, entre l’amour et l’art, entre inertie et mouvement. Avec comme interprètes principaux ; Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele. Liens : http://www.telerama.fr/cinema/films/rodin,513545.php
 

Sources illustrations et textes :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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