L’or de Camille Claudel

“Je la revois, cette superbe jeune fille, dans l’éclat triomphant de la beauté et du génie, et dans l’ascendant, souvent cruel, qu’elle exerça sur mes jeunes années…” (Paul Claudel sur Camille)

Élève, puis amante d’Auguste Rodin, sa vie et son œuvre prendront un tout autre sens à la suite de leur rupture. Artiste et génie sans conteste, Camille Claudel n’obtiendra qu’une reconnaissance posthume. Irène Omélianenko

Un article fort élogieux

Deux yeux magnifiques d’un vert pâle qui évoque les jeunes pousses des forêts. […] Au moment même où le regard vous attire, un geste instinctif de l’artiste semble arrêter l’élan de sympathie, et l’on reste avec cette impression bizarre d’une nature profondément personnelle, qui vous attire par sa grâce et vous repousse par sa sauvagerie. Tout le caractère de Mademoiselle Claudel est dans ce retrait un peu farouche. […] La fillette qui sculptait dans la glaise d’une tuilerie des figurines étonnantes est devenue […] par son tempérament original, la sensibilité et la beauté de son art, […] une figure complète du génie féminin.

Gabriel Reval, Femina, 5 mai 1903 (extrait d’un article)

Biographie

Née en 1864, Camille Claudel révèle dès le plus jeune âge une aptitude pour la sculpture. A 18 ans, la jeune femme intègre l’Académie Colarossi à Paris où le sculpteur Alfred Boucher la prend sous son aile. C’est là que Camille Claudel rencontre son mentor Auguste Rodin après le départ de son professeur pour l’Italie.

Une complicité s’installe entre les deux artistes. Camille est d’abord le modèle de Rodin, puis sa muse et sa maitresse. Corps nus ou drapés, leur travail est si fusionnel que l’on ne sait plus distinguer leurs œuvres.

A cette époque, le monde de l’art, majoritairement masculin, refuse de reconnaitre le talent de Camille Claudel. Les critiques ne voient en elle que l’élève de Rodin. En parallèle, son amour pour l’artiste se détériore et se transforme en souffrance. Le sculpteur ne parvient pas à quitter sa compagne Rose Beuret. Meurtrie, elle va jusqu’à détruire une partie de son travail.

Elle s’isole et sombre peu à peu dans la paranoïa et la folie, victime de ses deux passions : la sculpture et Auguste Rodin. Camille Claudel est finalement internée en 1913 jusqu’ à sa mort en 1943. En plein conflit mondial, elle est inhumée dans une fosse commune.

La valse

Dès qu’il est question de Camille Claudel (1864-1943), on a tôt fait d’évoquer son caractère rebelle, sa démence, son rapport à Rodin… Sa personnalité et son histoire attirent. Mais ce sont ses œuvres qui nous retiennent. Car sous ses doigts, la terre et le marbre prennent vie. Quelle expressivité ! Plongée dans l’œuvre d’une artiste qui aura aimé la sculpture à la folie.

C’est dans le petit village de Villeneuve-sur-Fère que Paul et Camille Claudel ont passé les plus tendres moments de leur enfance.

la petite châtelaine, version à la natte courbe

L’abandon

Musée Rodin : Camille Claudel, Jeune fille à la gerbe, avant 1887, [S.6738]
Crédits photo : © ADAGP, Paris, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources, liens et illustrations :
lelivrescolaire.fr
INA
alienor.org
Revue DADA
Musée Rodin

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