Claude Nougaro

« Parce que j’ai l’espoir qu’en offrant un regard artistique sur ce qui nous entoure, nous puissions être meilleurs. »

Biographie

Jeunesse et formation

Fils de Pierre Nougaro, chanteur d’opéra — premier baryton à l’Opéra de Paris —, et de Liette Tellini, professeur de piano italienne (et premier prix de piano au conservatoire). Son grand-père Alexandre, planton au Capitole, et sa grand-mère Cécile, sage-femme, chantent dans une chorale. C’est Cécile qui extirpe Claude au forceps à sa naissance à Toulouse le 9 septembre 1929, au 56 boulevard d’Arcole. Ses parents étant souvent en tournée, il est élevé par ses grands-parents paternels dans le quartier des Minimes. À douze ans, il écoute Glenn Miller, Édith Piaf, Bessie Smith et Louis Armstrong sur la TSF, qui, entre autres, l’inspirent à suivre cette voie. On retrouve la trace de son inscription le 6 mai 1943 en 6e A2 au lycée Rollin à Paris. Entre 1944 et 1947, il fréquente successivement, en pensionnaire, l’abbaye-école de Sorèze, le collège privé Montaigne à Vence, puis le collège de Cusset, près de Vichy, où, en 1947, il échoue au baccalauréat. Il se lance alors dans le journalisme et travaille pour un journal à Vichy. En 1949 Claude Nougaro effectue un service militaire à Rabat au Maroc, une période de dix-huit mois dont dix au cachot. Après quoi il travaille un temps en Algérie, pour La Dépêche de Constantine, avant de revenir à Paris, Avenue des Ternes, chez ses parents. En parallèle, il écrit des chansons pour Marcel Amont (Le Barbier de Séville, Le Balayeur du roi), Philippe Clay (Joseph, la Sentinelle), et rencontre sur place Georges Brassens, qui devient son ami et mentor. Il écrit de la poésie romantique, également humoristique.

« Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l’air. J’ouvre les yeux, que vois-je ?

Dans l’obscurité de la chambre, des myriades d’étincelles… Elles s’en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques, un point situé devant mon lit. Rapidement, de l’accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait. Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les grands ailes de lait. Comme une flèche d’un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :

« C’est une plume d’ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi. Qu’un seul humain te croie et ce monde malheureux s’ouvrira au monde de la joie. Qu’un seul humain te croie avec ta plume d’ange. Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. »

Et l’ange disparut laissant la plume entre mes doigts. Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d’extase, lissant la plume, la respirant. »

[Extrait de : Plume d’ange]

« Au Saint Hilaire, comme chez Régine, dans tous les clubs de jazz de la capitale des années 1950, Nougaro cultive à la fois son ambition et son complexe. Ne pas être né sur la terre du jazz et grandir dans le berceau de la java. Jacques Audiberti, poète, maître à penser, tuteur émotionnel et admirateur de Nougaro, avait écrit en substance, que si Victor Hugo avait pu, nul doute qu’il aurait aimé le jazz. Tout le génie créatif de Nougaro vient de cette friction culturelle entre deux mondes.  Lien France Inter

Sources
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