La réalisatrice franco-turque de « Mustang » a mis des années à obtenir la nationalité française. Un sentiment d’injustice qui résonne dans « Kings » aujourd’hui en salles.

 

Deniz Gamze Ergüven née le à Ankara en Turquie, est une réalisatrice, scénariste et actrice franco-turque. Elle se fait connaître du grand public grâce à son film Mustang sorti en 2015. Depuis 2016, elle est membre de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

Biographie

Deniz Gamze Ergüven est la fille d’un diplomate turc qui a travaillé pour l’UNESCO et l’OCDE. Elle grandit entre Paris (où sa famille s’installe alors qu’elle a six mois) et Ankara puis les États-Unis. Elle s’installe définitivement en France dans les années 1980. Après avoir obtenu une maîtrise d’Histoire africaine à Johannesburgpour entreprendre une thèse d’anthropologie, Deniz Gamze Ergüven intègre la Fémis en 2002 et sort diplômée en réalisation en 2006.

Mustang, son premier long-métrage sorti en 2015, se déroule dans une famille turque et remporte un succès critique, lui valant le César du meilleur premier film et le César du meilleur scénario original à la 41e cérémonie des César en 2016. Il est aussi nommé à l’Oscar du meilleur film étranger.

En décembre 2016, à Hollywood, elle commence le tournage de Kings, un film en projet depuis une dizaine d’années sur les émeutes de 1992 à Los Angeles avec Halle Berry et Daniel Craig. Il sort en avril 2018 en France8.

En 2017, elle est conviée par le Centre national du cinéma et de l’image animée à participer à une commission de cinéastes chargée de sélectionner le film qui représentera la France à l’Oscar 2018 du meilleur film en langue étrangère.

Mustang

Mustang est un film dramatique germano-franco-turco-qatari, réalisé par Deniz Gamze Ergüven, sorti en 2015. Il montre cinq jeunes sœurs turques défendant avec fougue leur joie de vivre et leur liberté contre l’emprise d’un patriarcat étouffant.

Il est présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2015. Il est choisi pour représenter la France dans la course à l’Oscar 2016 du meilleur film en langue étrangère. Il fait partie des cinq nommés dans cette catégorie.

synopsis :

“Dans une maison au bord de la mer Noire, un oncle séquestre ses cinq nièces orphelines qu’élevait jusqu’ici une grand-mère débordée. Istanbul est loin. La modernité aussi. Dans ce village turc reculé, des adolescentes qui chahutent, assises sur les épaules des garçons, ne valent guère mieux que des traînées. Pour les dresser, rien de tel que de les couper du monde (et de l’école), en ­attendant quelques mariages arrangés… Dans certaines régions de la Turquie d’aujourd’hui, être une fille libre tient donc encore de la course d’obstacles. Or les héroïnes de Mustang ont l’énergie indocile. A l’initiative de la benjamine, peste pleine de panache de 12 ans, la résistance s’organise : entre le gynécée tout en jambes et l’oncle à moustaches, la guerre commence.

La Franco-­Turque Deniz Gamze Ergüven signe un premier film emballant où déborde sans cesse la sensualité de la fratrie fougueuse. Dès le préambule, une magnifique scène de bain, elle ­célèbre cette féminité explosive (mais pas agressive) qui dérange tant les conservateurs. Longues crinières soyeuses éclaboussées d’écume scintillante, les chevelures sans attache n’ont rien d’accessoire. Il ne faudrait surtout pas s’excuser de les montrer sous prétexte que certains y voient un appel au sexe et considèrent la virgi­nité comme une valeur en soi. Témoin l’épreuve rituelle de la nuit de noces. Des draps sans tache au petit matin, et la jeune mariée se retrouve sous bonne escorte à l’hôpital, pour contrôle de son hymen. Asphyxiée par la pression sociale et familiale, une sœur se donnera même au premier venu sur un parking, histoire de vivre un peu avant de finir sous un voile — de mariée.

A chaque fois que l’une d’elles quitte la maison, cette prison pour futures épouses, le club des cinq perd un membre. Le groupe, solidaire et con­quérant, fait place à des détresses in­dividuelles, parfois insurmontables. Mais la beauté de cette fable solaire consiste à exalter la force de ses petites amazones au lieu de leur conférer un statut de victimes. Si la cruauté, voire le tragique, des situations sonne toujours juste, il y a aussi une façon jubilatoire et bravache de prendre une revanche sur la vie. Dans la réalité, les filles accusées de frotter leurs sexes sur la nuque des garçons baissent les yeux et serrent les dents. Dans le monde de Deniz Gamze Ergüven, la plus jeune des soeurs, petit corps musclé qui n’entend pas ployer, sort mettre le feu à une chaise : « Elle aussi a touché nos trous du cul, c’est dégueulasse, non ? » Face à l’irresponsabilité des adultes, aussi sérieux soient-ils, l’espièglerie des adolescentes devient un signe de maturité. La marque d’esprits indomptés, comme des mustangs.” — Mathilde Blottière

Ergüven a réussi, à réaliser son premier long métrage. Née à Ankara, cette réalisatrice a un pied en Turquie et un autre en France. C’est dans son pays natal qu’elle est allée tourner Mustang, un film féministe et lumineux qui sort quelques jours après des élections dont le résultat peut donner un petit peu d’espoir aux filles et aux femmes de ce pays. Mustang a été particulièrement bien accueilli à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2015.

Un film magnifique de tendresse, de douleur, de poésie et de Vie … Mustang

 

 

Elles ont envie de s’amuser, de s’éblouir et de courir, leurs longs cheveux dans le vent. Elles ont envie d’aller à un match de foot et d’aimer un garçon, aussi. Rien d’anormal a priori, mais ce sont-là des attitudes que l’on juge fantasques et malvenues, voire obscènes, dans ce petit village reculé de Turquie. Des attitudes pourtant de leur âge, simplement, alors qu’on les force à devenir déjà des femmes, et surtout de bonnes épouses prêtes à marier qui savent préparer à manger, nettoyer…

Courts métrages

Longs métrages

Actrice

Distinctions

 

Sources et illustrations :

 

Fermer le menu