Haruki Murakami : « Kafka sur le rivage », « La balade de l’impossible » …

Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974. Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront, « La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, Danse, Danse , L’éléphant s’évapore, Chroniques de l’oiseau à ressort « 

Exilé en Grèce en 1988, en Italie, puis aux États-Unis, il écrit, Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil. Il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kobe. Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent, Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (tomes 1, 2 et 3).

 

L’étrange

Les écrits de Murakami sont volontiers rattachés au réalisme magique, voire au fantastique ou à la science-fiction, mettant en scène l’entrée de l’étrange ou de l’irrationnel dans une vie sans relief (bien que sans perturber outre mesure le protagoniste). Deux points culminants de cette vision sont ses romans La Fin des temps (1985, où l’action alterne entre un Tokyo cyberpunk et une cité kafkaïenne) et 1Q84 (2009-2010, où l’action passe de la réalité de l’année 1984 au monde parallèle de l’année « 1Q84 » où brillent deux lunes).

Et bien que l’autre moitié de ses romans (ainsi que de nombreuses nouvelles) soit de nature réaliste, ils comportent eux aussi cette part d’insolite murakamien ; comme l’expliquait l’auteur en 1997 : « J’écris des histoires étranges. Je ne sais pas pourquoi j’aime autant l’étrangeté. Moi-même, je suis une personne très réaliste. Je ne crois pas du tout au New Age, ni à la réincarnation, aux rêves, aux tarots, aux horoscopes. […] Je suis très réaliste. Mais quand j’écris, j’écris de l’étrange. » Et encore en 2006 : « Maintenant que j’y pense, cela dit, tout ce que j’écris s’avère être, peu ou prou, une histoire bizarre. « 

Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication de Écoute le chant du vent suivi de Flipper 1973 ses deux premiers romans inédits. Son dernier roman, Birthday Girl, est paru aux éditions Belfond, juste après son recueil de nouvelles, Des hommes sans femmes.

Description

Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage, est un roman d’initiation où se déploient avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une œuvre majeure, qui s’inscrit parmi les plus grands romans d’apprentissage de la littérature universelle.

Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui.

Nakata, vieil homme simple d’esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse.

Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d’autres choses encore… Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

« Kafka sur le rivage » est un véritable page-turner, autant qu’une intense gageure métaphysique pour l’esprit. Murakami se fait le peintre sensible des espaces négatifs. »The New Yorker

« Murakami est un magicien qui dévoile ses tours en même temps qu’il les exécute et, pourtant, nous ne cessons jamais de croire en ses pouvoirs surnaturels. L’esprit de ce livre évoque une musique qui inviterait le lecteur à se délasser, à rêver, à se laisser dériver dans le cours du temps. Kafka sur le rivage est comme un torrent. Le courant y est redoutable et l’eau moins limpide que profonde. »The New York Times Book Review

« La prose de Murakami a la légèreté de l’air. On n’imagine pas les profondeurs dans lesquelles elle va nous entraîner, ni la matière noueuse que l’on va rencontrer : la volonté de puissance, l’acceptation de la mort, le fardeau que nous impose la présence du mal dans le monde. »The Village Voice

Assurément l’un des meilleurs romans de Haruki Murakami. L’auteur puise son inspiration partout : Sophocle, films d’horreur, mangas japonais, séries B… et relie le tout par sa prose enchanteresse. Finir Kafka sur le rivage équivaut à sortir d’un magnifique rêve : rien n’a vraiment changé, mais on regarde le monde d’un œil tout neuf.

Dans la veine de « 1Q84″, le grand romancier japonais Haruki Murakami suit dans « Le Meurtre du Commandeur » un peintre obsédé par la découverte d’un tableau qui provoque d’étranges phénomènes.

«Dans de nombreux cas, les idées excellentes tirent leur origine de pensées qui surgissent des ténèbres sans même avoir de fondement», c’est «comme un tremblement de terre qui se produit dans les profondeurs de la mer».

« Je n’avais pas souhaité devenir ce type de peintre, pas plus que je n’avais souhaité devenir ce type d’homme. Simplement, j’avais été porté par le cours des choses, et avant même d’en avoir pris conscience, j’avais cessé de peindre ce que je voulais. »

Mon avis

Inconditionnelle de Murakami depuis des années, j’ai été emporté par ce nouveau roman.  Le prologue commence par un homme sans visage qui demande au protagoniste de le dessiner. Ce nouveau roman, « Le Meurtre du Commandeur », histoire fantastique d’un peintre en mal d’inspiration, se double d’une belle réflexion sur les ressorts de la création artistique.

Ma pensée après lecture de ce roman : Haruki Murakami, comme à son habitude, tisse, dans Le meurtre du commandeur, un réseau de correspondances et d’échos qui lui sont propres.

 

 

 

 

 

«Ce n’était peut-être pas de la réalité, mais ce n’était pas un rêve non plus. […] C’était quelque chose d’une texture tout autre que celle du rêve.»


 
Un très beau livre sur l’art et l’écoute, et les notes de musique que je recommande !

Haruki Murakami et Seiji Ozawa
De la musique. Conversations
Traduit du japonais par Renaud Temperini
Belfond, 300 p.

 

 


 
 
 
 
Sources,  illustrations, liens 
Wikipedia