L’esprit n’est pas libre tant qu’il n’a pas lâché prise. Franz Kafka

Franz Kafka est un écrivain tchèque de langue allemande.

1883 – Naissance (3 juillet) à Prague de Franz Kafka dans une famille juive de commerçants de langue allemande

Il connaît une enfance assez solitaire et  a des relations difficiles avec son père autoritaire qui lui inculque une éducation stricte, et distantes avec sa mère.

Après une tentative avortée d’études littéraires, Kafka étudie le droit à l’Université de Prague, ainsi que la germanistique et l’histoire de l’art. Il est reçu docteur en droit en 1906, et fait des stages chez un oncle avocat puis dans deux tribunaux de Prague.

En 1902, Kafka fréquente les cercles littéraires et y rencontre Hugo Bergmann, Oskar Pollak et Max Brod qui devient l’un de ses plus proches amis.

En 1909, il publie ses premiers écrits dans le magazine Hyperion et commence la rédaction de son “Journal“. C’est après avoir démissionné de son travail dans une compagnie d’assurance commerciale que Kafka peut travailler sur ses écrits. Cependant, il travaille en Bohême pour une autre assurance jusqu’à sa retraite prématurée en 1922. Il organise son emploi du temps pour écrire, surtout la nuit. C’est ainsi que peut paraître “Le Verdict”.

De 1910 à 1911, il effectue des voyages avec Max Brod à Berlin, à Paris et en Italie et entame la rédaction commune d’un roman “Richard et Samuel “. En 1912, il rédige “La métamorphose” qui est publiée trois ans après.

Franz Kafka entretient des relations problématiques avec les femmes. Plusieurs fois fiancé, d’abord avec Felice Bauer de 1912 à 1917, puis dès 1919, avec Julie Wohryzeck (il rédige la “Lettre au père” suite à la rupture de ses fiançailles avec elle), il vit une relation intense avec une journaliste et écrivain anarchiste tchèque, Milena Jesenska avec qui il tient une correspondance très riche (“Lettres à Milena”). C’est lors d’un séjour à Berlin en 1923 qu’il rencontre Dora Diamant, qui l’accompagne jusqu’à sa mort.

La santé de Kafka est mauvaise, et il est atteint de tuberculose dès 1917. De plus, il est souvent hypocondriaque, voire dépressif et atteint de phobie sociale. L’hiver 1923-1924 dans un Berlin très froid et touché par l’inflation l’affaiblit un peu plus. Brod le fait venir à Prague en 1924, avec une tuberculose du larynx. Kafka s’alimente de plus en plus difficilement.

1924 – En mars, devant la dégradation de son état de santé, Kafka revient à Prague et est vite admis au sanatorium de Kierling près de Vienne. Il y meurt le 3 juin, en présence de Dora. Il est inhumé à Prague dans le nouveau cimetière juif, à l’est de la ville.

Il laisse une œuvre vaste dont ses grands romans “Le Procès“, “Le Château” et “L’Amérique” qui sont publiés à titre posthume grâce à son ami Max Brod contre la volonté de Kafka de détruire ses écrits.

Les écrits de Kafka reflètent les sentiments de la société du début du XXe siècle. Ses personnages évoluent dans un monde où les rapports et les relations qui les régissent leur sont incompréhensibles; où ils sont livrés, impuissants, à des forces inconnues, comme dans un cauchemar. La vie est un mystère irrésolu, un labyrinthe dont on ne connaît pas la sortie et ce qui nous y attend. Kafka étudie la psychologie de ses personnages face à des situations extraordinaires, dont ils ne connaissent pas les tenants et les aboutissants, et leur relation avec leur entourage.

Kafka aborde les thèmes de la solitude, des rêves, des peurs et des complexes. Le personnage est perdu, déboussolé, il ne saisit pas tout ce qui l’entoure, le lecteur est dans la même situation. L’atmosphère particulière des romans et nouvelles de Kafka a donné naissance à un adjectif, « kafkaïen », qui renvoie à quelque chose d’absurde et d’illogique, de confus et d’incompréhensible.

Mais de l’ensemble de l’œuvre de Kafka, il ressort aussi une réflexion à la fois critique et éclairante sur la famille, la société et la lutte que l’individu mène contre lui-même s’il veut y trouver sa place.

Le procès

« Le Procès », son texte apocryphe le plus abouti, paraît ainsi dès le 26 avril 1925, suivi par « Le Château » l’année suivante, « Amerika » en 1927 ainsi que « La Muraille de Chine », un recueil de nouvelles en 1931. Au public cultivé, qui avait pu apprécier les œuvres de Kafka publiées de manière isolée avant-guerre, s’ajoute désormais un lectorat beaucoup plus large. Et dans les deux décennies qui suivent, l’écrivain tchèque de langue allemande connaît une véritable vogue, un enthousiasme littéraire. Ne décrit-il pas dans le roman, « Le Procès », les bureaucraties policières qui fleurissent à l’Est de l’Europe ? Et de plus, ne peut-on voir avec « Dans la Colonie pénitentiaire », une préfiguration des camps ? Parallèlement à cette lecture politique de l’œuvre de Kafka, se développe également un commentaire plus philosophique. Joseph K., l’angoissé, celui qui est perdu au milieu d’un monde absurde, préfigure ainsi les personnages d’Antoine Roquentin de « La Nausée » de Sartre ou le Meursault de « L’Étranger » de Camus. Autrement dit, l’œuvre posthume de l’écrivain tchèque apporte de l’eau au moulin de l’existentialisme et le mot « kafkaïen », un nouvel adjectif qui rappelle l’atmosphère oppressante de ses textes, apparaît peu après la fin de la seconde Guerre mondiale dans la langue française. http://maisons-ecrivains.fr/

Lettre de Franz Kafka à Milena Jesenská

Samedi [17 juillet 1920]

Je savais bien ce qu’il y aurait dans ta lettre, c’était déjà presque toujours entre les lignes dans les autres, c’était également dans tes yeux — que ne lirait-on sur leur fond transparent ? —, c’était dans les rides de ton front ; je le savais comme quelqu’un qui a passé la journée dans un abîme de peur, de rêve et de sommeil, derrière des volets fermés, et qui ouvre sa fenêtre le soir n’est pas étonné de voir, il le savait, que maintenant la nuit est là, une nuit profonde et merveilleuse. Je vois combien tu te tourmentes et te tournes et te retournes sans parvenir à te libérer ;  je vois — mettons le feu aux poudres — que tu n’y parviendras jamais ; je le vois et je n’ai pas le droit de te dire : reste où tu es.

Mais je ne dis pas non plus le contraire ; je reste en face de toi, je regarde dans tes yeux, tes pauvres chers yeux (la photo que tu m’as envoyée est navrante, c’est un supplice de la regarder, c’est un martyre auquel je me soumets cent fois par jour, c’est, hélas, aussi une richesse que je défendrais contre dix géants), et je reste fort, comme tu dis, je possède une certaine force, disons en gros, obscurément, pour être bref, mon absence de sens musical. Elle ne va cependant pas jusqu’à ma permettre d’écrire encore, du moins maintenant. Je ne sais quel flot de souffrance et d’amour me prend, m’emporte et m’en empêche. www.deslettres.fr

En 1915, Milena Jesenská découvre par hasard une nouvelle de Kafka et lui demande l’autorisation de la traduire. De là naquit une correspondance passionnée, tourmentée et d’une richesse littéraire sans nom. Les deux amants ne se rencontrèrent que deux fois, et Kafka, après maints tourments et une Miléna qui n’arrive pas à quitter son mari, finit par mettre fin à leur relation. Cette courte lettre, intense et bouleversante, revient sur les angoisses maladives de Kafka ainsi que sur l’impossibilité de leur histoire d’amour.

 

Bibliographie

1912Regard (Betrachtung)

1913Le Soutier (Der Heizer. Ein Fragment), Le Verdict (Das Urteil)

1915La Métamorphose (Die Verwandlung)

1919La Colonie Pénitentiaire (In der Strafkolonie), Un médecin de campagne (Ein Landarzt. Kleine Erzählungen

 1922Un champion de jeûne (Ein Hungerkünstler. Vier Geschichten)

Posthume

1925Le Procès (Der Prozeß)

1926Le Château (Das Schloß)

1927L’Amérique (Amerika)

1931 – Le Terrier (Der Bau)

1937Journal intime

1945Paraboles

2009 –  Cahiers in octavo (1916-1918)

2010Les Aphorismes de Zürau

Statue en bronze à l’effigie de Kafka située devant la Synagogue Espagnole (Prague)

Sources et illustrations :

Babelio

linternaute salon littéraire

Maisons d’écrivains

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