Gustave Caillebotte (1848-1894) – Peintre et jardinier

Autoportrait  de l’artiste (vers 1892)

Gustave Caillebotte, dont les œuvres personnelles furent, jusqu’à peu, oubliées, fut à la fois un peintre reconnu et un mécène généreux du mouvement impressionniste. Peintre français, collectionneur, mécène et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882.

Il naquit à Paris le 19 août 1848  dans une famille très aisée qui bâtit sa fortune dans les textiles puis dans les biens immobiliers à l’occasion du re développement du Paris du Baron Haussmann.N’étant à l’origine pas destiné au métier d’artiste, il est avant tout ingénieur de profession mais il a tout de même fréquenté l’école des Beaux-arts de Paris où il s’initie à la pratique de la peinture et développe son goût pour le dessin. Étant issue d’une famille d’industriels, il hérite en 1874 de la propriété de son père à Yerres (dans l’Essonne) accompagnée d’une importante fortune avec laquelle il pourra se consacrer à sa passion pour la peinture ainsi que, de devenir le mécène de ses amis peintres notamment Renoir, Degas et Monet tout en finançant l’organisation d’expositions impressionnistes dès 1874 et les aida à organiser la 1ère exposition des Impressionnistes à Paris cette même année.

Passionné de nautisme, membre du Cercle de la voile de Paris, dont le siège est à Argenteuil, Caillebotte est aussi un architecte naval et un régatier qui a marqué son époque et cherche par tous les moyens à perfectionner ses bateaux par des innovations qui lui valent de nombreuses récompenses internationales. Brillant, généreux, passionné… Caillebotte fut un artiste aux multiples facettes qui réalisa des centaines d’œuvres où réalisme et impressionnisme cohabitent d’une façon nouvelle.

En 1875, souhaitant faire ses débuts publics comme peintre, il soumit une œuvre au Salon Officiel qui fut refusée, ce qui l’incita à exposer, soutenu par Renoir, dans le cadre plus favorable de la deuxième exposition du groupe impressionniste, en 1876. Ses œuvres et en particulier les “Raboteurs de parquet” y furent remarquées et appréciées. Il participera dès lors aux expositions ultérieures des Impressionnistes. C”est aujourd’hui l’une de ses œuvres les plus célèbres présentées au musée d’Orsay. Éric Darragon note que « cet échec a dû heurter les convictions de l’artiste et le confirmer dans une opinion déjà acquise à la cause d’un réalisme indépendant. Il va devenir un intransigeant lui aussi et ne reviendra plus devant les jurés […] ».

Les raboteurs de parquet (1875) – Musée d’Orsay Paris

Le 21 février 1894, le peintre, frappé par une congestion cérébrale, meurt, après avoir pris froid alors qu’il travaillait dans son jardin à un paysage. Il avait quarante-cinq ans. Ses funérailles sont célébrées le 27 février en l’église Notre-Dame-de-Lorette. Il y a tant de monde dans cette église, qui est déjà grande, que certains des amis du peintre doivent suivre la cérémonie sous le porche de l’église. Le peintre est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, non loin de Delacroix, dans la chapelle funéraire familiale. La perte de Caillebotte affecta beaucoup les impressionnistes qui perdirent à la fois un protecteur et un compagnon. Pissarro écrivit à son fils Lucien : « Nous venons de perdre un ami sincère et dévoué… En voilà un que nous pouvons pleurer, il a été bon et généreux et, ce qui ne gâte rien, un peintre de talent ».

Il fait don de ses œuvres à l’état, espérant par là même faire enfin admettre l’impressionnisme dans les musées français.

La maison et le parc qu’il possédait à Yerres, en bordure de la rivière homonyme, sont aujourd’hui propriété communale, et le parc est ouvert au public. C’est là qu’il a peint entre autres certaines scènes de périssoires.

Le talent de Caillebotte fut longtemps méconnus, sauf aux États-Unis, au profit de son rôle de « mécène éclairé ». Le peintre fut redécouvert dans les années 1970 à l’initiative des collectionneurs américains et reconnu par le grand public francophone à partir des années 1990. Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes.

Le Pont de l’Europe

Réalisé à Paris
En 1876
Technique Huile sur toile
125x180cm

Cette œuvre est conservée à Genève, au musée du Petit-Palais. Elle représente une scène urbaine de la vie quotidienne

Canotiers ramant sur l’Yerres (1877) – huile sur toile

Quand il peint ce tableau en 1877, Caillebotte s’inscrit clairement dans un style, l’impressionnisme, qui va bientôt révolutionner la peinture. Comme dans son tableau « Les raboteurs de parquet », peint deux ans plus tôt, il utilise le procédé de la vue subjective qui place le spectateur au premier rang de l’action. Effort, compétition, rationalisation, voici poindre une société nouvelle dont le peintre capte ici les signaux.

L’œuvre la plus saillante de l’exposition est la Rue de Paris. Il y a du talen,  beaucoup de talent dans cette toile que la bizarrerie de certains détails et le heurté du rendu n’empêcheraient point de figurer avec honneur à côté des tableaux consacrés par les suffrages du jury des Champs-Elysées.
Lepelletier, “Les impressionnistes”, Le Radical, 8 avril 1877.

Rue de Paris, Temps de Pluie

En 1877
Technique Huile sur toile
212.2×276.2cm
Exposé à Chicago au Art Institute of Chicago

Les jardins et Caillebotte

Gustave Caillebotte, était aussi un amoureux des jardins, jardinier même. C’est sur cet aspect que se concentre une belle exposition du  25 mars au 3 juillet 2016 au Musée des impressionnismes de Giverny, rétrospective de ses œuvres autour du thème Caillebotte peintre et jardinier “.  Puis du 19 juillet au 30 octobre 2016 au musée Thyssen-Bornemisza de Madrid. C’est la première fois qu’une exposition consacrée à Caillebotte s’est tenu en Espagne.

“Allée de jardin et massifs de dahlias, Petit Gennevilliers”, vers 1890-1891, collection particulière

“Les Dahlias, jardin du Petit Gennevilliers”, 1893, Collection particulière

Expositions

Une exposition de ses œuvres a lieu peu après sa mort en juin 1894 chez Durand-Ruel et un hommage a lieu au Salon d’automne de 1921 avec plusieurs de ses toiles. Mais il faut attendre les années 1950 avant que l’attention des connaisseurs ne se reporte vers ses travaux. De grands collectionneurs américains commencent à montrer au public américain les toiles de Caillebotte leur appartenant au sein de leurs collection, et il est de plus en plus connu aux États-Unis. C’est l’exposition majeure de Houston et de Brooklyn en 1976 qui remet les projecteurs sur cet impressionniste oublié. Celle du Grand Palais, à Paris, fin , est la première exposition majeure en Europe qui le fait connaître du grand public français. Elle est suivie de celle de la fondation de l’Hermitage, à Lausanne, du au .

Une exposition consacrée aux frères Caillebotte (avec les photos originales de Martial Caillebotte, son frère) s’est tenue au Musée Jacquemart-André puis au musée national des beaux-arts du Québec entre mars 2011 et janvier 2012.

Une exposition des œuvres originales que Gustave Caillebotte a peintes dans sa propriété familiale d’Yerres s’est tenue en 2014 à la Ferme Ornée, salle d’expositions au sein de cette propriété devenue communale.

Une exposition « Gustave Caillebotte: The Painter’s Eye » s’est tenue du 28 juin au 4 octobre 2015 à la National Gallery of Art de Washington, puis au Kimbell Art Museum de Fort Worth du 28 novembre 2015 au 14 février 2016.

Sources et illustrations : (liens)

 

Pour aller plus loin : (liens)

Babelio   (bibliographie)
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