Manufacture nationale de Sèvres

C’est l’une des principales manufacture de porcelaine européennes. Elle est située à Sèvres (Hauts-de-Seine), en France.

La manufacture fut successivement, au fil des régimes politiques, manufacture royale, impériale puis nationale. Toujours en activité, la manufacture poursuit l’édition d’objets créés depuis 1740. Sa production est aussi largement orientée aujourd’hui vers la création contemporaine. Elle est devenue en 2010 la Cité de la céramique, avec le musée national de Céramique et, depuis 2012, avec le musée national de la porcelaine Adrien-Dubouché à Limoges (Haute-Vienne).

Les origines

Achille Etna Michallon, La Manufacture de Sèvres (1817), Paris, Bibliothèque nationale de France.

En 1740, la Manufacture de Vincennes est fondée, grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour, afin de concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen. En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres dans un bâtiment construit à l’initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue.

Long de 130 mètres et haut de quatre étages, il est édifié entre 1753 et 1756 par l’architecte Lindet à l’emplacement de la ferme dite « de la Guyarde ». De part et d’autre du pavillon central, surmonté, à l’étage des combles, d’un fronton sans sculpture portant l’horloge de l’ancienne Verrerie royale, le bâtiment se développe sur deux longues ailes terminées, aux deux extrémités, par des pavillons d’angle. Le pavillon central est précédé d’une cour dite du public, fermée par une grille en fer forgé. Face à la manufacture est aménagée une demi-lune pour permettre le stationnement des carrosses des visiteurs.

Au rez-de-chaussée, le bâtiment renfermait les réserves de terres, le bucher et les dépôts de matières premières. Le premier étage abritait les ateliers de moulage, de plâtrerie, de sculpture et de gravure ainsi que les fours. Au deuxième étage se trouvaient les sculpteurs, tourneurs, réparateurs et garnisseurs. Enfin, l’étage sous comble abritait les peintres, doreurs, animaliers et figuristes.

La manufacture est rattachée à la Couronne en 1759.

La mise au point de la porcelaine dure

Pièces du service « à frise riche en couleurs et riche en or » livré par la manufacture pour la reine Marie-Antoinette en 1784.

À l’origine, la manufacture produisait une porcelaine tendre. En 1768, le pharmacien bordelais Vilaris et son ami Jean-Baptiste Darnet découvrent le premier gisement de kaolin sur le sol français, à Saint-Yrieix-la-Perche au sud de Limoges. Le 13 février 1771, le Comte de Thy de Milly de l’Académie royale des sciences de Paris, communique à l’académie royale des sciences un mémoire sur la composition de la porcelaine dure. Ce mémoire sera publié en 1777 dans l’encyclopédie au tome 7 nommé : Art de la porcelaine. Ces travaux sont issus de ses observations effectués dans les différentes manufactures établies en Allemagne notamment en Saxe. « Jusqu’à cette époque, on n’avait fait dans les manufactures de porcelaine établies en France, sans excepter celle de Sèvres, que des porcelaines vitreuses, qui n’avaient aucune des qualités réelles…. »1.

La porcelaine dure est commercialisée à Sèvres dès 1770.

De 1800 à 1847, la manufacture prend son essor et acquiert sa renommée internationale sous la direction d’Alexandre Brongniart, nommé par Claude Berthollet.

En 1875, la manufacture est déplacée dans des bâtiments spécialement construits par l’État français, en bordure du parc de Saint-Cloud. C’est toujours dans ces lieux, classés monument historique, que la production se poursuit.

 

« L’expérience de la couleur » à Sèvres : « Velvet Jungle N°1 », tapisserie de Jacques Monory, et « The Somnambulist », installation de Wendy Jacob © photo Gérard Jonca, 2017

La Cité de la Céramique – Sèvres et Limoges

La Cité de la céramique – Sèvres et Limoges est un établissement public créé en janvier 20101 qui réunit la Manufacture nationale de Sèvres, le Musée national de Céramique, également à Sèvres, et le Musée national de la porcelaine Adrien-Dubouché à Limoges. À sa création, en 2010, l’établissement public regroupe la manufacture nationale et le Musée national de Céramique de Sèvres, sous le nom de Sèvres – Cité de la céramique. Le rattachement du Musée national Adrien-Dubouché intervient le 1er mai 2012, en vertu du décret no 2012-462 du 6 avril 2012 relatif à l’établissement public Cité de la céramique – Sèvres et Limoges. S’appuyant sur une stratégie de développement et de recherche, la Cité de la céramique – Sèvres et Limoges réédite des modèles anciens et réalise des œuvres contemporaines en travaillant avec de nombreux artistes (Ettore Sottsass, Zao Wou-ki, Johan Creten, Claude Champy, Pierre Charpin, Barthélémy Toguo, Andrea Branzi, Christian Biecher…).

 
Sources :
Culture.gouv