Léo Ferré

 

Léo Albert Charles Antoine Ferré, né le à Monaco et mort le à Castellina in Chianti (Toscane), est un auteur-compositeur-interprète, pianiste et poète français puis monégasque. Ayant réalisé plus d’une quarantaine d’albums originaux couvrant une période d’activité de 46 ans, de culture musicale classique, il dirige à plusieurs reprises des orchestres symphoniques, en public ou à l’occasion d’enregistrements discographiques. Léo Ferré se revendiquait anarchiste et ce courant de pensée inspire grandement son œuvre.

Biographie

L’enfance

Fils de Joseph Ferré, directeur du personnel du casino de Monte-Carlo, et de Marie Scotto, couturière d’origine italienne, il a une sœur, Lucienne, de deux ans son aînée. Selon Jacques Vassal, « on a souvent dit ou écrit que Rainier avait accordé la nationalité monégasque à Ferré. Une loi venait d’être promulguée en 1953 par le prince, permettant aux personnes nées à Monaco de mère monégasque de choisir sa nationalité, française ou monégasque. Léo choisit la seconde, à la différence de sa sœur Lucienne, mariée à un Français. » Il est né citoyen français. À l’âge de sept ans, il intègre la chorale de la maîtrise de la cathédrale de Monaco comme soprano. Il découvre la polyphonie au contact des œuvres de Palestrina et de Tomás Luis de Victoria. Son oncle maternel, Albert Scotto, ancien violoniste dans l’orchestre de Monte-Carlo et directeur du théâtre au Casino, le fait assister aux spectacles et répétitions qui ont lieu à l’opéra de Monte-Carlo, alors haut-lieu de la vie musicale internationale. Léo Ferré y entend le chanteur basse Fédor Chaliapine, y découvre Beethoven, qui l’émeut profondément, que ce soit sous la baguette d’Arturo Toscanini (Coriolan), ou à la radio (Cinquième symphonie). Mais c’est la présence du compositeur Maurice Ravel aux répétitions de L’Enfant et les Sortilèges qui l’impressionne le plus durablement.

À neuf ans, son père, un homme catholique et rigide, l’envoie en pensionnat en Italie, au collège Saint-Charles de Bordighera tenu par les Frères des Écoles chrétiennes. Il y reste en pension pendant huit longues années. Il racontera cette enfance solitaire et encagée dans une fiction autobiographique (Benoît Misère, 1970), relatant notamment être la victime de pratiques pédophiles du surveillant général. Il y approfondit sa connaissance du solfège et joue du piston dans l’harmonie. À quatorze ans, il compose le Kyrie d’une messe à trois voix et une mélodie sur le poème Soleils couchants de Verlaine.

En secret, il lit les auteurs considérés comme subversifs par les Frères : Voltaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé. Entendant prononcer le mot « anarchie », il ouvre un dictionnaire pour en trouver le sens (anarchie : « opposition à toute autorité d’où qu’elle vienne »). L’adolescent ne peut encore l’assumer, mais c’est décidé, il deviendra anarchiste et subversif, révolté contre les stéréotypes du nouveau monde de la consommation et de la bêtise envahissante.

De retour à Monaco pour préparer son baccalauréat, il devient pigiste pour le journal Le Petit Niçois comme critique musical, ce qui lui permet d’approcher des chefs d’orchestre prestigieux comme Antal Doráti ou Dimitri Mitropoulos. À cette époque il découvre avec enthousiasme le ballet Daphnis et Chloé et le Concerto pour la main gauche de Ravel, sous la direction de Paul Paray, ainsi que le Boléro et la Pavane pour une infante défunte, dirigés par le compositeur en personne.

Il passe et obtient son baccalauréat de philosophie au lycée de Monaco. Son père refuse qu’il s’inscrive au Conservatoire de musique.

Engagement

Dès 1948, Léo Ferré fréquente le milieu libertaire parisien et participe à tous les galas de soutien organisés par le journal Le Libertaire et la Fédération anarchiste. Il reste fidèle jusqu’au bout à l’anarchie, qu’il décrit comme une forme de solitude et d’amour, et comme la « formulation politique du désespoir », aidant à la création de Radio Libertaire et ne se produisant à Paris, les dernières années de sa vie, qu’au Théâtre libertaire de Paris.

Honneurs officiels

« Le seul honneur pour un artiste, c’est de n’en pas avoir »

— Léo Ferré, entretien avec Pierre Bouteiller, France 3, août 1984.

De son vivant, Léo Ferré a refusé de recevoir le Grand Prix de la Chanson Française en 1986, d’être fait Commandeur des Arts et Lettres, de soutenir la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1981, contre la promesse d’avoir à sa disposition un orchestre symphonique et un cachet substantiel (En 1988 Ferré appelle à l’abstention) et d’être l’invité d’honneur des premières Victoires de la musique en 1987.

En 2003, à Monaco est inaugurée la place Léo-Ferré, où a été installé le visage en bronze de l’artiste, par le sculpteur Blaise Devissi.

La Cité scolaire qui comprend un collège, un lycée général et un lycée professionnel de Gourdon (Lot), une école primaire publique à Montauban, un collège public à Saint-Lys portent son nom. Il existe une place Léo-Ferré à Saint-Lô, une rue Léo Ferré à Angers, à Bagneux, à Gratentour et à Pierrefitte-sur-Seine, Châteaubriant.

On a donné son nom à une variété de rose originaire d’Asie, dont la fleur est bicolore, blanc-or bordé de rouge carmin.

En 2006, la commune de Grigny, dans le Rhône, inaugure une médiathèque Léo-Ferré.

En 2007, la plasticienne Miss.Tic réalise deux grands pochoirs muraux représentant Ferré et son chimpanzé Pépée pour la résidence universitaire d’Orly.

En 2009 ont été inaugurés la place et le square Léo-Ferré, à Paris (XIIe arrondissement).

En 2012, la première école de musique à porter son nom est à Martignas-sur-Jalle en Gironde.

En 2013, la Salle du Canton, une salle de spectacles de 200 places dans le quartier de Fontvieille à Monaco, est renommée Espace Léo-Ferré. L’inauguration par Albert et Caroline de Monaco a eu lieu le 11 juin 2013. Plusieurs autres salles de concerts portent son nom.

En 2014, Le conseil municipal de Daumazan-sur-Arize décide de renommer la salle polyvalente et de lui donner le nom de Léo Ferré.

En 2016, pour le centenaire de sa naissance, plusieurs hommages lui sont rendus notamment avec un « Cabaret Léo-Ferré » à la Comédie-Française, ou encore une exposition, soutenue par sa famille, à la bibliothèque municipale de Beaune. Le festival canadien Coup de Cœur Francophone lui rend également hommage lors d’un spectacle inédit à Montréal, fin novembre 2016. La Ville de Paris inaugure, au sein de la Canopée des Halles, le Grand studio Léo-Ferré, en décembre 2016.

45 tours (non exhaustif)

78 tours

Ne sont ici inclus que les 78 tours n’ayant pas fait l’objet d’une publication en album du vivant de Léo Ferré. Il s’agit pour l’essentiel de versions antérieures des chansons enregistrées dans l’album Chansons de Léo Ferré (1954). Elles ont été publiées pour la première fois sur CD en 1998 dans La Vie d’artiste, anthologie regroupant les enregistrements de Ferré pour Le Chant du monde], et en 2000 dans l’album Le Temps des roses rouges (voir plus haut). Les 78 tours publiés par Odéon entre 1953 et 1955 à partir des albums originaux ne sont pas reproduits ici, puisqu’ils ne proposent pas de contenu inédit. À partir de 1955, le support 78 tours est abandonné au profit du 45 tours (4 titres communément appelé alors super 45 tours).

  • 1950 : La Chanson du scaphandrier / La Vie d’artiste
  • 1950 : Le Bateau espagnol / L’Île Saint-Louis
  • 1950 : Monsieur Tout-Blanc / À Saint-Germain-des-Prés
  • 1950 : Le Flamenco de Paris / Les Forains
  • 1950 : L’Inconnue de Londres / Barbarie
  • 1950 : L’Esprit de famille / Le Temps des roses rouges
  • 1953 : Martha la mule / Les Grandes Vacances (Odéon)
  • 1955 : En amour / Le Fleuve aux amants (Odéon)
  • 1955 : Monsieur mon passé / La Chanson triste (Odéon)
Source, illustrations :

 

 

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