Mikhaïl Boulgakov

Mikhaïl Boulgakov en 1928.

« Les gens intelligents ont noté que le bonheur c’est comme la santé : quand il est là, on ne s’en aperçoit pas. Mais que les années viennent à passer, et alors comme on s’en souvient du bonheur ! »

Biographie :

Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov (en russe : Михаил Афанасьевич Булгаков) est un écrivain russe, d’origine ukrainienne.

Il est issu d’une famille où la religion tient une place importante, son père étant conférencier en la matière.

Il entre au lycée Alexandrovski de Kiev où il fait des études brillantes en dépit d’un comportement parfois agité.

Après le lycée, il s’inscrit en 1909 à la faculté de médecine de Kiev et en 1913 il épouse sa première femme, Tatiana Lappa. Après avoir obtenu son diplôme, il s’enrôle comme volontaire dans la Croix-Rouge avant d’être mobilisé au sein d’un hôpital civil de la province de Smolens. A la suite d’injections de morphine, pour traiter une allergie au sérum antidiphtérique, il devient morphinomane.

Boulgakov ouvre son cabinet médical à Kiev en 1918. Aidé par sa famille, il réussit à guérir de son addiction à la morphine. Puis se décidant à abandonner la médecine pour se consacrer à l’écriture, il parvient à se faire engager comme directeur du «Lito», le département Littérature de la ville de Vladicaucase. Mais il quitte ce poste et Vladicaucase pour Moscou.

Travaillant pour différents organes et journaux culturels, il parvient à faire publier plusieurs de ces textes. C’est l’époque de ses premiers succès littéraires. En 1925, il épouse sa seconde femme, Lioubov Evguenievna Bielozerskaïa. S’il connaît alors le succès, Boulgakov doit composer de plus en plus avec la censure. « La Garde Blanche » est ainsi partiellement interdite de publication.

À partir de 1926, date à laquelle son appartement est perquisitionné, Boulgakov ne cesse d’être persécuté par le régime, Staline allant même jusqu’à critiquer durement ses pièces : « La Fuite« , « Les Jours des Tourbine » et « L’Île pourpre ». Ses œuvres sont alors retirées de la vente et interdites.

En 1929, Staline lui refuse la permission de quitter la Russie. Il est alors engagé au Théâtre d’art comme assistant-metteur en scène. Boulgakov espérait revenir dans les bonnes grâces du régime en écrivant une pièce sur Staline à l’occasion de son 60ème anniversaire. Cette pièce achevée en 1939, Batoum, se situait dans le Caucase et décrivait la jeunesse de Staline comme un activiste. Mais la pièce a été interdite.

A la fin de 1939, son état de santé s’aggrave. Comme son père, il meurt d’une néphrose-angiosclérose.

Son œuvre la plus connue est Le Maître et Marguerite, roman plusieurs fois réécrit et retravaillé entre 1928 et 1940, publié en URSS dans son intégralité pour la première fois en 1973, dans lequel il mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte que le fantastique passe pour réel, et le réel pour fantastique, ainsi que les époques et les lieux, Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature stalinienne.

 Résumé

Pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le Maître et Marguerite est aussi une des histoires d’amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son roman durant douze ans, en pleine dictature stalinienne, conscient qu’il n’aurait aucune chance de le voir paraître de son vivant. Écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme, cet objet d’admiration universelle fut publié un quart de siècle après la mort de celui qui est aujourd’hui considéré comme l’égal de Dostoïevski, de Gogol et de Tchekhov réunis.
 
 
L’auteur, aux prises avec l’atrocité de la dictature stalinienne, persécuté dans sa propre vie, muselé professionnellement et intellectuellement a essayé, via ce roman, à faire passer en fraude un s.o.s., à glisser un message en aparté. Car comment critiquer ce régime de barbarie et de dénonciation sans tomber sous le joug des autorités ? C’est le tour de force qu’a réalisé Mikhaïl Boulgakov en imaginant une histoire fantastique, pleine de diables loufoques et de suppôts de Satan risibles mais où, à chaque coin de page, on lit en transparence une critique du système qui sévissait à l’époque.
 
 
Sources et illustrations :
Wikipedia
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